Patrimoine de la Fondation Bon Sauveur d'Alby
Projet de restauration et de mise en valeur
de la Collection d'Art Brut (1900 - 1936) de Benjamin Pailhas

Événement 2008
Ouverture de la collection au grand public
le 28 mars 2008

Ce projet a été établi par le Comité Culturel de la Fondation après consultation du Conseillé pour les musées à la DRAC Midi-Pyrénées, du Chef du département de conservation préventive au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, de la Directrice des Archives Départementales du Tarn et d'une historienne de l'art diplômée en muséologie.

>>> Quelques extraits de la collection <<<


Programmation des ouvertures
pour l’année 2009 :
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  • les 19 et 20 septembre 2009, Journées du patrimoine
  • le 4 décembre 2009.

La collection est accessible aux groupes scolaires sur rendez-vous.
Pour organiser une visite, renseignements au
05 63 48 48 48.

"Salle du petit Lude" Fondation Bon Sauveur d'Alby
Entrée Boulevard du Lude à Albi
renseignements : 05 63 48 48 48

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Vous êtes professeurs, vous souhaitez organiser une visite pour vos élèves, téléchargez ici le cahier pédagogique.

L’ouverture d’un lieu d’exposition :

La Fondation Bon Sauveur d’Alby conserve depuis plus de 70 ans une collection d’art brut qu’elle souhaite aujourd’hui présenter au grand public.

L’établissement a rapidement pris conscience de la valeur tant historique, patrimoniale et artistique que représente cette collection.
Ainsi en hommage à son instigateur, le docteur Benjamin Pailhas, et dans le but de partager cette richesse, l’établissement a décidé d’exposer ces œuvres dans la salle du Petit Lude.

L’exposition de cette collection (au-delà de sa valeur artistique), devrait permettre aux visiteurs de poser un nouveau regard sur l’hôpital psychiatrique.
L’enjeu pour la Fondation est également de participer du mouvement de démystification de la psychiatrie, en faisant tomber les préjugés et en inscrivant pleinement l’hôpital psychiatrique au cœur de la vie de la cité.

Tous les amateurs d’art, professionnels, ou simples curieux pourront venir découvrir cette collection unique.
Pour son lancement, une ouverture trimestrielle a était programmée.

A l’origine, un médecin collectionneur :

Benjamin Pailhas fait partie des figures emblématiques de la psychiatrie. Né près d’Albi (Tarn) il a été médecin chef à la Fondation Bon Sauveur d’Alby1 entre 1898 et 1930. Membre de la Société Médico-Psychologique, il faisait partie des grands noms de la psychiatrie de l’époque et fut l’un des premiers médecins aliénistes à s’intéresser aux productions artistiques de ses malades et à les collectionner.
Il a su s’entourer d’éminents collaborateurs tel Auguste Marie de l’hôpital Sainte Anne à Paris, qui lui aussi faisait partie des quelques médecins pionniers qui s’intéressaient aux œuvres artistiques de leurs patients.
Illustre médecin, il a contribué au développement des recherches en psychiatrie, en publiant notamment dans des revues comme L’Encéphale ou les Annales Médico- Psychologiques. Ce qui le démarqua véritablement dans le paysage psychiatrique du début du XXème siècle, c’est cette sensibilité particulière qui l’a amené à prendre en considération le potentiel artistique et créateur de certains de ses patients. De cet intérêt est née une importante collection qui aujourd’hui porte son nom.

Une collection d’art brut inédite :
Cette collection est donc un recueil réalisé par le docteur Benjamin Pailhas. On y trouve des sculptures, dessins, broderies, objets et outils créés par des malades mentaux ayant été internés à "l’asile" du Bon Sauveur au début du XXème siècle.
Les productions s’échelonnent de 1900 à 1936 et concernent au moins vingt six auteurs. On trouve des dessins à la mine de plomb, au fusain, mais la plus grande diversité provient des sculptures. Elles ont été réalisées en bois, en galet, parfois même en mie de pain…
Le caractère spontané de ces créations et la simplicité des matériaux qui les composent, font de ce recueil une véritable collection d’art brut inédite, tout a fait comparable aux œuvres exposées au musée de l’Art Brut de Lausanne. C’est en 1949, par J. Dubuffet, Paulhan, Ratton, Roche, Tapié et Breton ¹, que fut créé le courant de l’Art Brut. Ce Courant se voulait rassembler :
« des productions de toute espèce, dessins, peintures, broderies, figures modelées ou sculptées, (…) présentant un caractère spontané et fortement inventif, aussi peu débitrices de l’art coutumier ou des poncifs culturels, et ayant pour auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques professionnels. » ²

Le but de cette association était de rechercher les produits artistiques présentant un caractère spécial d’invention personnelle, de spontanéité, de liberté à l’égard des conventions et des normes culturelles.

L’Art Brut conjugue un besoin intérieur irrépressible, une ignorance des canons culturels (due à un internement de longue durée ou à une marginalité sociale) qui amène à utiliser les matériaux considérés comme les plus vulgaires, une indifférence au marché de l’art. Elles impliquent une mise à l’écart des circuits habituels de commercialisation, remettant ainsi en cause les systèmes d’expositions traditionnels ainsi que la valeur des œuvres. Cette définition correspond bien au contexte d’émergence de la collection Benjamin Pailhas.
Ces créations réalisées à la Fondation Bon Sauveur d’Alby, l’ont été dans le secret et l’indépendance, preuves de leur nature désintéressée. Dans ces œuvres comme dans celles de la collection de l’Art Brut, le créateur était souvent le seul destinataire de son œuvre, ce silence et ce secret constituait aux yeux de Dubuffet les fondements d’une véritable production artistique, ce qui explique qu’il se soit tant intéressé aux créations d’internés.
Dans plusieurs numéros des Cahiers de l’Art Brut, il est fait mention des œuvres d’un patient de la Fondation Bon Sauveur d’Alby. En référence à ces écrits, il semblerait que certains dessins de la collection Pailhas aient été envoyés en Suisse à la collection de Lausanne.

Conservée près d’un siècle dans les caves de l’institution, cette collection aujourd’hui réhabilitée va être exposée au grand public dans la salle du Petit Lude.

1/ Lucienne Peiry, L’Art Brut, Genève, Flammarion, 1997.
2/ Michel Thévoz, L’ Art Brut, Genève, Flammarion, 1980, p. 11.


Etapes du projet :
2008 Présentation de la collection au grand public, travail de conservation.
2007 Aménagement d'un espace pour accueillir la collection au sein de l'hôpital
(Salle du petit Lude), Travail de valorisation de la collection,
2005 Inventaire de la collection (fichier informatique, photo numérique,numérotation...)
2004 Présentation du film aux Journées d'Automne 2004 au Centre Hospitalier Pitié Salpétrière à Paris les 27 et 28 novembre 2004 organisée par la Société Française de Psychopathologie de l'expression et d'Art-thérapie.
2003 Réalisation d'un film de présentation de la Collection Benjamin Pailhas

Pour tout contact concernant la Collection,
Muriel Amilhat-Guelfi Chargée de Communication
Pour organiser une visite renseignements au 05 63 48 48 48

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